24.08.11
"Some days her shape in the doorway/ Will speak to me/..." [IRON & WINE]
[M]
M. comme manque. Il y a un goût amer ici là. Je n'ai pas allumé mes bougies encore car il ne fait pas sombre, mais c'est tout comme.
Je crois avoir jeté le paquet désormais. P. et moi = 2 ans et une relation biaisée, virant aux sms de surive. Cela m'a rendu triste de ne pas l'être.
Le prof. Dans un mail, je lui ai lâché mes numéros. Sans nouvelle, je m'accorde à penser qu'un sms serait le signe d'un acquiessement. Je passe mes jours à attendre. Sans espoir, je le renie. Onze jours plus tard, je reçois un mail alors que je rentrais en compagnie de P. ... L'en-tête, son nom, me disent que la réponse par mail est le moyen de me dire non, laisse-moi, sale dingue. A ma surprise, il me dit qu'étant en vacances, il m'enverra un "ptit texto" en rentrant. Dépassée. Et qu'il rajoute que si j'ai "besoin d'aide pour la prépa... [il serait là]". Terrassée. Je lui répond et aujourd'hui, cela fait onze jours que je n'ai aucune nouvelle, ni par mail, ni par autre chose. L'attente est longue. M. comme manque en fait.
Je passe mes journées à chercher celui qui ne sera qu'une connaissance passante, un coup de froid.
J'aimerai être entre Gambetta et Bagnolet. Flâner dans ses rues, le rencontrer peut-être. Ou au concert, où je n'ai de cesse que de l'imaginer accompagné. Ce prof. On ne sera jamais. Malgré les rêves, les mains, les paquets de gateaux vides, les coups de feu dans le vide, son sourire, les yeux pétillants.
MAIS le PIRE, l'impression qui m'habite ne m'est pas inhabituelle. On s'attachera sûrement, et le tour fait, je m'en irai, comme d'hab' en fait.
Je ne dors pas, je repense et regarde "Precious" et "Lost In Translation", me rappellant ces épisodes de ma vie. Je continue à me bourrer comme une âne et j'aimerai me faire vômir, ou simplement m'empêcher de manger. Cette maigreur que j'adore et qui m'a quitté, ces vêtements qui m'absorbent. Le regard souligné.
Je pourris en dedans, je tombe et il n'y a pas de filet. Et quelqu'un d'autre a essayé en fait de me le faier aussi. 6 ans. J'ai refusé. Je me rappelle du moment où j'ai hésité, pensant être condamnée à y être soumise. J'ai honte et je meurs de moisissures. J'aimerais le dire au fuckin prof en vacances parce que c'est impossible de tout raconter à la psy, à Kha ou P. C'est juste impossible de dire à d'autres le mal qu'on a eu car ça tue rien qu'en le disant, rien qu'en y pensant, étonnée d'en sortir encore vivant. Le génocide de toutes les parties du corps et du cerveau. Sans famille, sans confiance, que de l'amour par dépit. Se détester chaque jour un peu plus et se battre avec les autres.
S'il pouvait revenir et on irait dans un coin sympa, même manger, je buverai pour être sûr de parler. Je l'attend, à défaut de me trouver moi-même.
"Fever Dream" - Iron & Wine
19.08.11
"Where did you go?.. I don't wanna know../.." [JETS OVERHEAD]
C'est juste là, posé sur moi, empreint de toi.
Moi et ma solitude sommes une attitude pleine de couleurs, virevoltes tous les pans de ma jupe, sans soupçonner la moindre imperfection, le moindre défaut.
J'ai juste atteint un point de non-retour, où l'on peut commencer à crier et pleurer (mais c'était déjà fait). Peser le pour et le contre revient à se coudre. Je démens tout alors que je le sais. Bientôt ce sera mort et je serai éperdue.
Je refais le monde dans ma tête, le même que le précédent. Juste plus scintillant, plus criant quand il ne sera plus.
Rongée. Impatience et incertitude cohabitent depuis une éternité.
Je suis sure aujourd'hui de moi; mauvaise et éternellement. Quand P. partira, je pleurerai et quand le prof se manifestera, je crierai.
Alors je ne voudrais plus être. Avant d'avoir imaginer et atteint l'autre monde refait, toujours plus brillant que le précédent.
Au fil de la musique, je me mutile. L'âme et les mains, et là. Je serai partie un jour je l'espère. Dans une petite cellule, arrêtant vraiment de manger. De la vermine je vous dis.

"Where Did You Go?" - Jets Overhead
03.07.11
"Sat on the floor, in a grey grey room..." [DAMIEN RICE]
[Surely guilt]
Eviter de revoir les passages pour ne pas comparer.
Pourquoi suis-je ainsi? Si insatisfaite, si dure avec les autres, supplice & rancoeur sont les attributs à offrir.
J'aimerai pouvoir me décharger de toute cette charge émotionnelle et revenir sur la ligne tracée. Eviter de faire du mal à d'autres, mêmes les moins méritants. Revendre ce que j'ai appris, vu, entendu. Dès que mon esprit n'est pas prisonnier du travail, il s'en va vagabonder dans un passé fumant où j'ignore si la vérité commence où mes turpitudes cessent. Je me suis forcée à oublier, tellement que les souvenirs sont flous mais ils surgissent et les détails reviennent.
Je me disais que c'était normal avant. Ces traitements. Je ne savais pas. Les mots exacts raisonnent, impossible de les répéter. J'ai honte bordel. Je m'imagine enfin les dire, au prof. La psychiatre veut qu'on avance et on en parle pas. Mais je crois que ma bouche veut les dire, pour qu'ils sortent à jamais. J'attend son mail, au prof. Il m'a répondu étonnement vite hier (à ce que je lui ai envoyé samedi). "On se parle, c'est tout. Je ne me demande pas pourquoi, c'est pas à moi de demander ça".
Je me force presque à envoyer des mots doux à P. Je veux qu'on redevienne comme avant ptn de mrd. Pourquoi on ne s'aime plus? Pour rien en plus! Mais pourquoi? J'étais revenue, pas à moi, mais à quelqu'un que je connaissais pas, quelqu'un de mieux et pourtant c'était moi. Plus envie de parler, plus envie d'aimer, plus envie de rire, plus envie de se voir. Tout semble être une aventure guerrière où tout est impossible. Je m'éloigne et lui ne suit pas. Impossible de faire le zouave pour deux; si je ne suis pas sur-investie, il devient ennuyeux et ... et ça ne marche plus. Et je cours vers l'oisiveté.
Le prof me répond qu'il sera là, sa disponibilité est presque redondante. Il veut savoir, sans me bousculer, on veut se voir, comment le dire. Je culpabilise, l'aller sera sans retour et je n'avais pas prévue de partir. P. Il m'a sauvé la vie. Je fous tout en l'air comme d'hab'. Il retombera le premier à terre, écorché et pleins d'égratinures. On pleurera si cela advient et en fait, l'envie-monstre du prof je la réalise et je ne veux pas qu'elle se produise. Retrouver ce qu'on perd avec les gens, l'a-t-on réellement déjà eu ou su?
Je partirai loin dans mon rêve. Seule, évident. Pour ne pas m'attacher, pour ne pas déchirer quiconque. Etre là, exister pour, par et uniquement en moi. Connaître la fin seule et ne pas connaître celle des autres.
Demain les résultats finaux, la suite sera décidée. Dans deux mois, dans six mois, où ce cadavre traînera, qu'il devra supporter.
"Grey Room" - DAMIEN RICE
01.07.11
"No much making sense/.../ From scratch begin, again../..." [ALANIS MORISSETTE]
[Des abîmes coronaires]
C'est toujours moi.
J'avais envie de parler. Une fois j'avais envoyé un "vous êtes là?", juste parce que j'étais comme maintenant. Je ne suis pas sortie, juste fait un tour et je finis l'alcool dans ma cellule. Du Malibu là. Envie de parler mais pas forcément qu'on me réponde comme au téléphone, au tac au tac des trucs bâteaux, même si j'ai envie d'appeller.
Les mutations génétiques, je m'en fiche en fait, j'ai eu l'habitude des jambes en compote, sauf qu'il y a dix ans, je ne savais pas pourquoi. J'ai peur de faire narcissique. Je complexe beaucoup, pas trop ne le voit, je braille en permanence alors que j'essaie d'y remédier. J'ai redoublé oui, et là, c'est mort pour la cinquième année. Le présentiment est plus fort chaque fois. Tant pis, ça sera ça. Il y a des choses qui se sont produites étant petite. Ca a commencé, j'avais cinq ans. Je m'en rappelle car je portais tout juste mes premières paires de lunettes, mes affreux octogones parmes. Ca s'est arrêté bien trop longtemps après, 13. Très peu savent, ceux avec qui j'ai été seulement, même les ploucs. Aucune amie. L'année dernière, je crois qu'il a failli recommencé, j'étais encore ivre ptn, et j'ai dormi où on m'a posé. Je préfère ne pas savoir parce que ça me tue de peur. Je dors tard à cause de tout ça. Bien évidemment, ça me revient parfois, parfois souvent. Bizarrement, je trouve pas que ça a été le pire. Je suis en hostilité permanente avec la smala. Ca doit être inconscient. Elle avait avalé des tas de médocs, et je rentrais de l'école, j'avais 8 ans. Tout ça car elle partait avec mon beau-père (un type bien par ailleurs). J'ai pleuré sur sans appeller les pompiers. Après son année en maison de repos, où je logeais ailleurs, j'avais un nouveau foyer, c'était étrange. Tout ça. J'ai déménagé huit fois à cette période. Je détestais car j'étais routinière. Mais des tas d'autres choses justifient l'hostilité. C'est dès la stabilité retrouvée que ça a commencé, je n'ai plus été pareille. Franchement, je comparais ça à une sensation physique: tirailler. Tirer dans tous les sens. Mon autre père, le biologique, j'ai des nouvelles comme pour le vent, de temps en temps. Ca doit bien faire 3 ans que l'on ne s'est pas vu alors qu'il est juste dans le 91.
Je suis suivie comme je te l'avais lâchée, ça fera un an et demi et je me demande si elle ne veut pas me voler mes cotisations aussi.. Y a eu des progrès quand même. A un moment, j'ai craqué et ai arrêté d'y aller mais j'ai compris aujourd'hui que psychiatre c'est pas pour les fous mais pour les gens qui veulent y aller. J'ai fait une petite déprime, j'étais sous Prozac il y a un mois encore.
Mais je recommence à broyer du noir maintenant. Raconter tout ça à (le prof), je vois pas le rapport mais j'avais envie. C'est juste que ça passait bien. Ai-je tort de t'écrire tout ça? Je ne veux pas de réponse policée, ni compassion, ou autres nunucheries, j'ai dépassé tout ça.
Juste te parler, te voir, t'écrire, t'...
"Not As We" - ALANIS MORISETTE
29.06.11
"I could feel myself under your fate/.../ It was yo, breathless & torn/..." [MAZZY STARR]
[Ecartée]
Je suis là, posée, comme ancrée, dans le sol, sur moi-même.
Je n'ai pas validé le semestre, je m'en foutrai un peu si je n'avais pas faite de demande de logement et de M2 surtout. M2 dans lequel je serai sélectionné par le prof. Déconcertée et déçue, surtout par le 2 de voies d'exécutions; je n'aurai pas parié si bas.
Un peu perdue, décontenue. J'aurai ça à repasser, mais n'est pas vraiment le problème. La tenue du litige se situe pour le logement, pour le M2 qui me donnerait accès à ce logement, aux séminaires en prison et au temps dans une cellule où moi-même je détiendrai ma clé.
Ca sent légèrement le chlore dehors, la lumière solaire donne le rendu authentique du vert des arbres. Je n'ai pas mis un pied dehors aujourd'hui. Je ne sais même pas quoi écrire. Peut-être j'enlève le surplus de mon ressenti avant d'écrire au prof car je vais lui écrire et me plaindre, et lui dire que je me sens mal, et qu'il me manque encore. J'ai envie de me mettre stone mais j'ai rien. Juste moi et ma mélancolie à deux balles. Et la mater qui nous traire comme des pestiférés. Et juste ça, tout ça.
Qu'est-ce que je vais écrire? Des bribes de phrases me venaient pourtant en permanence, ayant hâte de lui parler. Mais le scénar qui est advenu là était totalement inattendu. J'ai appellé le secrétariat pour avoir les résultats avant leur publication. Alors j'improvise et tant pis si je m'emballe? Non. J'y vais avec des pincettes et des formules, et des entourloupes comme pas possibles. Je ne veux pas arrêter et je n'ai jamais voulu le quitter. Même boire un verre avec P ne suffirait pas, car je pense a prof, à l'univers du droit et des personnes qui le composent.
Et la clé de ma cellule, je la détiendrai cette fois. Une clé qui me donnerait la liberté.
EDIT: On m'a rajouté les 2 points manquants. Free. J'attend pour le M2 maintenant. Dans le cas contraire, je m'inscris à la prépa en janvier, directement.
"Into Dust" - Mazzy Starr

